Anthropic a déclaré mercredi que Claude avait identifié un système enzymatique jusque-là non caractérisé après avoir recherché parmi plus de 200 000 transcriptases inverses et détecté un motif de répétition de l’ADN similaire à celui du CRISPR.
Baptisé « transcriptases inverses associées à des réseaux » (array-associated reverse transcriptases, ART), Anthropic a déclaré que des chercheurs humains avaient validé la découverte de Claude en laboratoire, même si sa fonction et ses éventuelles applications biotechnologiques restent inconnues.
Dario Amodei a présenté ces travaux comme un exemple du passage de l’IA d’un rôle d’assistance aux scientifiques à celui de moteur de découvertes biologiques fondamentales, estimant que les humains peuvent de plus en plus utiliser l’IA pour formuler des hypothèses, puis les tester et les affiner rapidement par voie expérimentale.
"Je suis fier des ressources qu’Anthropic a investies pour accélérer les bénéfices publics de l’IA dans les sciences de la vie, et nous cherchons à la fois à développer notre équipe dédiée aux sciences de la vie et à travailler avec d’autres scientifiques afin d’étendre cette approche à un large éventail de problèmes", a écrit Amodei dans un message publié sur X.
Il a déclaré qu’Anthropic voyait là une première étape vers l’accélération de l’ensemble de la chaîne biomédicale, tout en soulignant que les expérimentations entièrement autonomes en laboratoire n’étaient pas encore réalisées et que les travaux actuels en laboratoire étaient effectués par des humains.
"Il est facile de considérer cela comme un cas isolé ou une simple curiosité, mais nous avons constaté à maintes reprises que, dans de nouveaux domaines intellectuels, les performances de l’IA passent de faibles à surhumaines en l’espace de quelques années", a ajouté Amodei.
Le rôle plus large de Claude en biologie
Par ailleurs mercredi, Anthropic a publié un rapport sur la manière dont Claude est utilisé par le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, l’Institut National de Recherche Biomédicale et d’autres partenaires pour accélérer la réponse à une flambée mortelle d’Ebolavirus de Bundibugyo en République démocratique du Congo.
Claude aide à transformer les rapports de terrain des agents de santé en rapports de situation quotidiens, à analyser les données de l’épidémie et à exécuter des modèles de maladies, à soutenir la recherche sur les vaccins et à traiter les données génomiques virales. Il ramène à moins d’une heure certaines tâches qui prenaient auparavant une journée entière, tandis que les experts humains restent responsables des décisions scientifiques et de santé publique.
Anthropic a installé un laboratoire de biologie expérimentale dans la Bay Area pour mener des expériences de biologie physique, a rapporté Reuters vendredi. Kauderer-Abrams, responsable des sciences de la vie chez Anthropic, a déclaré que l’entreprise menait des expériences de biologie en interne et avec des partenaires
"Nous pensons que, pour faire de la biologie, le test ultime reste, et restera encore quelque temps, le travail effectué dans un véritable laboratoire", a déclaré Kauderer-Abrams. "Nous le faisons bel et bien aujourd’hui."
Cette déclaration intervient peu après qu’Anthropic a averti que les modèles d’IA pourraient être détournés afin de faciliter des menaces biologiques.
Anthropic a déclaré qu’un chercheur situé hors des États-Unis avait utilisé Claude dans le cadre de recherches préliminaires sur la grippe aviaire, tandis qu’un autre utilisateur avait étudié des subventions et des modifications génétiques touchant un virus transmis par les moustiques. L’entreprise a indiqué avoir banni des comptes après avoir identifié des tentatives de contournement de ses dispositifs de protection.
"Nous publions ces travaux parce que nous estimons avoir la responsabilité de signaler les utilisations malveillantes de nos services", a déclaré l’entreprise plus tôt ce mois-ci. "À mesure que les modèles deviennent plus performants, les risques qu’ils présentent augmenteront, à moins que les concepteurs d’IA et les défenseurs de la société n’agissent pour les rendre plus sûrs."
