Le gouvernement américain cherche à s’impliquer davantage dans l’industrie nationale de l’IA, à la suite d’un décret signé par le président Trump le 2 juin, chargeant son administration d’établir un cadre pour les présentations fédérales de systèmes d’IA avancés. L’échéance pour sa mise en œuvre est passée le 1er août.
Dans le cadre du nouveau dispositif, les développeurs de « modèles de frontière couverts » suffisamment puissants auront la possibilité d’accorder aux agences fédérales un accès à leurs modèles jusqu’à 30 jours avant leur mise à disposition d’autres partenaires de confiance. Les laboratoires d’IA ont intérêt à participer à ce processus facultatif, car l’administration Trump a montré par le passé sa volonté de perturber le lancement de certains modèles.
En juin, Claude Fable 5 et Claude Mythos 5 d’Anthropic ont été retirés pendant 19 jours après que le département du Commerce a imposé des contrôles à l’exportation, seulement trois jours après la publication des modèles. Permettre aux développeurs de présenter leurs modèles aux autorités fédérales en amont pourrait réduire le risque de mesures coercitives après le lancement, mais donnerait aussi au gouvernement une plus grande visibilité sur le moment où certains modèles sont prêts à être lancés, et peut-être même sur la question de savoir s’ils le sont.
Le décret interdit aux agences de traiter la présentation fédérale comme une exigence d’obtention de licence, mais l’exemple d’Anthropic montre comment ces processus peuvent néanmoins se compliquer si des différends surviennent par la suite. La nouvelle génération de modèles d’OpenAI — présentée sous le nom de travail Astra — sera « destinée à être la première à passer par le nouveau cadre prévu par l’administration Trump », selon un article publié vendredi par The Information. Le PDG Sam Altman était également à Washington cette semaine pour informer les régulateurs et les parlementaires des derniers produits de l’entreprise.
Une exécution améliorée des tâches à long terme prévue avec le lancement d’Astra
La dernière génération de modèles d’OpenAI est répartie en trois niveaux tarifaires. Le modèle phare Sol coûte 5 $ par million de jetons d’entrée, tandis que le modèle léger Luna a vu son prix réduit de 80 %, à seulement 0,20 $ par million de jetons d’entrée, quelques jours après son lancement. Le modèle intermédiaire Terra se situe entre les deux, à 2 $.
On ignore encore quel sera le prix d’Astra, ou même si sa tarification reposera sur une consommation de jetons mesurée ou sur une autre structure. Astra a été conçu comme une classe distincte de modèles, aux côtés de la famille Sol, plutôt que comme un modèle appelé à la remplacer.
OpenAI affirme que ces modèles se spécialiseront dans des tâches prenant des heures ou des jours, plutôt que dans des réponses instantanées. Ils seraient donc mieux adaptés à la résolution de problèmes complexes et aux mathématiques qu’à un usage généraliste. Cependant, aucune métrique de test n’a encore été rendue publique.
De même, aucune date de sortie n’a encore été fixée pour ces modèles, et on ne sait pas encore clairement si leur déploiement marquera le lancement de GPT-6 ou s’ils viendront rejoindre une gamme existante.
Des interrogations persistent sur les pratiques d’OpenAI en matière de sécurité
Ce mois-ci, OpenAI a publié un rapport détaillant comment un agent d’IA alimenté par GPT-5.6 Sol et un modèle non nommé et inédit a « rompu son confinement » et réussi à compromettre partiellement les systèmes de Hugging Face, une plateforme de modèles d’IA. Selon le rapport, il cherchait des solutions à des tests d’évaluation qui lui avaient été confiés, estimant que le meilleur moyen d’obtenir un score élevé consistait simplement à récupérer les solutions dans les bases de données de Hugging Face.
Les premières spéculations suggéraient que le modèle non nommé appartenait à la famille Astra, mais OpenAI a ensuite précisé qu’il s’agissait en réalité d’un modèle distinct qui n’avait jamais été destiné à être commercialisé. Après l’incident, l’entreprise a intensifié ses efforts pour renforcer ses procédures de surveillance de ses agents d’IA. Cela concerne tout particulièrement les modèles comme Astra, conçus pour fonctionner de manière autonome pendant plusieurs jours.
